Une entreprise assujettie à la TVA ne se repère pas toujours au premier coup d’œil. Entre franchise en base, exonérations et numéro intracommunautaire, la règle semble floue. Pas de panique, c’est plus simple qu’il n’y paraît. Les données de Bercy, de la CCI et du Code général des impôts permettent de trier les cas concrets.
Le statut TVA dépend surtout de trois critères. L’activité doit être économique, indépendante et habituelle contre paiement. La suite détaille aussi les seuils de franchise, les mentions à lire sur une facture, l’annuaire DGFiP et le service VIES. Ce panorama permet d’aller droit au plus utile. Pour aller plus loin, le tableau ci-dessous résume les principales pistes.
| Méthode | Ce que cela montre | Démarche | Coût |
|---|---|---|---|
| Lecture d’une facture | Présence d’un taux, d’un montant TVA ou de la mention 293 B | Vérifier les mentions légales du document | Gratuit |
| Numéro de TVA | Identification à la TVA, surtout pour l’UE | Chercher sur facture, site ou base publique | Gratuit |
| Annuaire DGFiP | Entreprises avec SIREN identifiées à la TVA | Recherche via l’annuaire lié à la facturation électronique | Gratuit |
| VIES | Validité d’un numéro TVA dans l’Union européenne | Entrer le numéro dans la base européenne | Gratuit |
| Analyse de l’activité | Assujettissement de principe selon l’article 256 A | Vérifier activité, indépendance et habitude | Gratuit |
🔍 À RETENIR
✅ VÉRIFICATION DE BASE
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Article 256 A : le CGI vise les personnes qui exercent une activité économique de façon indépendante. -
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Franchise en base : une entreprise peut être assujettie sans facturer la TVA à ses clients. -
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Facture : la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » signale souvent une franchise en base. -
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Réforme 2026 : dès le 1er septembre 2026, les assujettis à la TVA sont concernés par la facturation électronique selon Bercy.
🌐 RESSOURCES UTILES
🌐 ANNUAIRE DGFIP
Cet annuaire recense les entreprises avec SIREN identifiées à la TVA. Il aide à vérifier un client avant la facturation électronique.
🌐 VIES
La base européenne confirme la validité d’un numéro de TVA. Elle sert surtout pour les opérations B2B dans l’Union européenne.
🌐 BERCY ET CCI
Ces sources expliquent les seuils, les taux de 20 %, 10 %, 5,5 % et 2,1 %, ainsi que les obligations déclaratives.
⚠️ POINT DE VIGILANCE
Une entreprise peut être assujettie sans être redevable. Ce point change la facture, la déclaration et le droit à déduction.
Comment savoir si une entreprise est assujettie à la TVA ?
L’assujettissement à la TVA se vérifie d’abord par la nature de l’activité. Le Code général des impôts, à l’article 256 A, vise les personnes qui exercent une activité économique de manière indépendante. Cela couvre la production, le commerce, les services, l’agriculture et les professions libérales. Une entreprise active sur ce terrain entre donc, en principe, dans le champ de la TVA.
La facture donne ensuite un indice concret. Si un document affiche un taux de 20 %, 10 %, 5,5 % ou 2,1 %, l’entreprise facture la TVA. Si le document porte la mention article 293 B, l’entreprise peut être en franchise en base. Elle reste alors souvent assujettie, mais non redevable.
Les bases publiques complètent la vérification. L’annuaire de la DGFiP recense les entreprises avec SIREN identifiées à la TVA. Le service VIES permet de contrôler un numéro intracommunautaire dans l’Union européenne. Ces deux outils limitent les erreurs, surtout pour les échanges B2B (entre professionnels). Pour aller plus loin, il faut comprendre les trois conditions juridiques de l’assujettissement.
Les 3 conditions qui rendent une entreprise assujettie à la TVA
Trois conditions reviennent dans les sources de Bercy, de la CCI et de Mooncard. L’activité doit être économique. Elle doit aussi être exercée de façon indépendante. Enfin, elle doit être réalisée de manière habituelle contre rémunération. Si un seul de ces points manque, l’analyse change. Pour aller plus loin, chaque condition mérite un examen séparé.
Exercer une activité économique
L’activité économique couvre la vente de biens et la prestation de services. Les textes citent aussi l’agriculture, l’extraction et les professions libérales. Une société qui vend, loue ou facture une prestation entre en principe dans le champ de la TVA. Les ventes occasionnelles entre particuliers restent, elles, hors de ce cadre selon Propulse.
Le critère porte sur l’existence d’un vrai circuit économique. Une administration publique ou un particulier hors marché n’est pas visé dans les mêmes conditions. Ce point évite de confondre activité professionnelle et acte isolé. Pour aller plus loin, il faut vérifier l’autonomie de la personne qui facture.
Agir de manière indépendante
L’indépendance signifie l’absence de lien de subordination. Un salarié qui agit dans le cadre d’un contrat de travail n’est pas assujetti pour cette activité. La CCI rappelle le même principe pour les situations dépendantes. Le sujet réel n’est donc pas le statut social seul, mais la liberté d’agir et de facturer.
Une entreprise qui décide seule de ses prix, de ses clients et de son organisation agit en général de façon indépendante. C’est le cas de beaucoup d’indépendants, sociétés et professions libérales. Pour aller plus loin, il faut encore regarder la fréquence et le caractère payant des opérations.
Réaliser des opérations de façon habituelle et à titre onéreux
Une opération habituelle se répète dans le cadre normal de l’activité. Le caractère onéreux signifie qu’un prix, un honoraires ou une contrepartie est prévu. Une prestation gratuite n’entre pas dans la même logique. Bercy et la CCI retiennent ce duo pour distinguer une activité économique d’un acte ponctuel.
Le cumul de ces trois conditions explique beaucoup de cas pratiques. Une société peut donc être assujettie même sans facturer la TVA à un moment donné. C’est plus simple qu’il n’y paraît. Pour aller plus loin, il faut séparer les mots assujetti et redevable.
Assujetti à la TVA ou redevable de la TVA : quelle différence ?
Assujetti et redevable ne veulent pas dire la même chose. Un assujetti exerce une activité économique qui entre dans le champ de la TVA. Un redevable doit collecter cette taxe auprès de ses clients, puis la reverser au Trésor. Les sources CCI, Propulse et Mooncard insistent sur cette différence, car elle change les obligations quotidiennes.
La franchise en base montre bien l’écart. Une entreprise peut être assujettie mais non redevable. Dans ce cas, elle ne facture pas la TVA. Elle ne dépose pas non plus de déclaration de TVA selon Indy. En contrepartie, elle ne récupère pas la TVA déductible payée sur ses achats professionnels.
La conséquence pratique touche aussi la facturation électronique. Selon Bercy, à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA sont concernées par la réforme, y compris celles en franchise en base. Il ressort donc qu’un simple « pas de TVA sur la facture » ne suffit pas à conclure. Pour aller plus loin, il faut regarder les seuils de chiffre d’affaires.
Quels seuils de chiffre d’affaires déterminent la franchise en base ?
Les seuils de franchise servent à savoir si une entreprise reste dispensée de facturer la TVA. Pour les activités de négoce, d’achat revente, de vente sur place et d’hébergement, le seuil cité par ABCLIV est de 85 800 €. Une majoration à 94 300 € peut s’appliquer si le chiffre d’affaires N-2 reste sous ce niveau de base.
Pour les prestations de services, le seuil indiqué est de 34 400 €. La majoration possible monte à 36 500 €. Les professions libérales suivent ce même niveau dans la source ABCLIV. Dans les DOM cités, les seuils peuvent atteindre 100 000 € pour certaines ventes et 50 000 € pour certaines prestations.
D’autres chiffres apparaissent chez Mooncard pour certains régimes. La source cite plus de 15 000 € de TVA déclarée, plus de 247 000 € pour les services et plus de 818 000 € pour l’hébergement et le commerce. Ces montants servent de repères sur les régimes. Pour aller plus loin, il faut comprendre pourquoi la franchise ne supprime pas toujours l’assujettissement.
Pourquoi une entreprise en franchise peut être assujettie sans facturer la TVA
La franchise en base allège surtout les obligations de collecte. Elle ne retire pas automatiquement la qualité d’assujetti. L’entreprise exerce toujours une activité économique visée par le CGI. Elle ne collecte simplement pas la TVA sur ses ventes, sauf option volontaire pour sortir de la franchise.
Cette nuance a un effet direct. L’entreprise doit afficher la mention légale prévue et renonce au droit de déduire la TVA sur ses achats. Selon Bercy, elle reste aussi concernée par la facturation électronique à partir de 2026. Pour aller plus loin, il faut regarder le cas très courant de la micro-entreprise.
Une micro-entreprise peut-elle rester non assujettie ?
Une micro-entreprise n’est pas automatiquement hors TVA. Si elle exerce une activité économique de façon indépendante, elle est en principe assujettie. En pratique, elle peut rester en franchise en base tant que son chiffre d’affaires reste sous les seuils applicables. C’est ce régime qui évite la facturation de la TVA, pas le mot micro en lui-même.
Le point utile consiste donc à distinguer le régime et la nature de l’activité. Une micro-entreprise peut être assujettie, non redevable, puis devenir redevable après dépassement de seuil ou sur option. Pas de panique, cette logique reste stable. Pour aller plus loin, il faut aussi connaître les activités exclues ou exonérées.
Quelles activités ou opérations ne sont pas assujetties ou sont exonérées de TVA ?
Certaines situations restent hors champ. Les particuliers qui vendent de façon occasionnelle ne sont pas assujettis selon Propulse. Les personnes qui agissent sous un lien de subordination, comme les salariés, ne le sont pas non plus pour cette activité. Les administrations publiques peuvent aussi relever de règles différentes selon la nature de leurs opérations.
D’autres activités entrent dans le champ mais bénéficient d’une exonération. Les sources citées mentionnent souvent les activités médicales, l’enseignement, certaines opérations financières, certaines locations immobilières et des associations à but non lucratif. La liste exacte dépend du Code général des impôts. Il faut donc vérifier l’opération précise, pas seulement l’étiquette du secteur.
Quelques opérations suivent encore des règles spéciales. Les exportations et certaines livraisons intracommunautaires échappent à la TVA selon Bercy, mais des formalités restent nécessaires. À l’inverse, les importations sont soumises à la TVA selon l’article 291 du CGI rappelé par la CCI. Pour aller plus loin, il faut passer aux vérifications concrètes sur les documents et les bases publiques.
Comment vérifier concrètement le statut TVA d’une entreprise
La vérification concrète repose sur plusieurs indices simples. Une facture, un devis, un numéro de TVA et une recherche dans les bonnes bases donnent souvent une réponse fiable. Le plus sûr consiste à croiser au moins 2 sources. Cette méthode limite les confusions entre franchise, exonération et simple oubli de mention. Pour aller plus loin, il faut commencer par les documents commerciaux.
Lire les mentions TVA sur un devis ou une facture
Une facture redevable affiche souvent le prix hors taxes, le taux et le montant de TVA, puis le total TTC (toutes taxes comprises). En France métropolitaine, les taux les plus courants sont 20 %, 10 %, 5,5 % et 2,1 % selon Bercy. La présence de ces lignes indique une collecte effective de la TVA.
À l’inverse, une entreprise en franchise en base doit faire figurer la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Cette mention ne signifie pas toujours absence d’assujettissement. Elle signifie surtout absence de TVA facturée. Pour aller plus loin, il faut localiser le numéro de TVA quand il existe.

Où trouver le numéro de TVA d’une entreprise en France
Le numéro de TVA intracommunautaire apparaît souvent sur la facture, le devis ou le site de l’entreprise. Des annuaires d’entreprises affichent aussi cette donnée, comme Societe selon la synthèse Vatcompliance du 23 août 2024. Ce numéro devient essentiel pour les échanges professionnels dans l’Union européenne.
Si le numéro manque, un contact direct avec l’entreprise reste utile. La demande peut porter sur le numéro, l’adresse et la date d’enregistrement. Cette méthode est recommandée par Vatcompliance. Pour aller plus loin, il faut ensuite contrôler la validité du numéro dans une base officielle.

Vérifier un numéro de TVA avec le service VIES et l’annuaire DGFiP
Le service VIES vérifie la validité d’un numéro de TVA dans l’Union européenne. C’est un outil clé pour les opérations B2B et pour l’autoliquidation (mécanisme où l’acheteur déclare la TVA). Vatcompliance rappelle qu’un numéro peut manquer dans VIES pour plusieurs raisons. Une absence ne prouve donc pas toujours une irrégularité.
L’annuaire DGFiP, lié à la réforme de la facturation électronique, complète très bien ce contrôle. Il recense les entreprises avec SIREN identifiées à la TVA. Selon l’assistance jefacture, il peut servir à déterminer l’assujettissement d’un client. Pour aller plus loin, il reste à vérifier les mentions obligatoires quand l’entreprise n’est pas redevable.
Quelles mentions obligatoires quand on n’est pas redevable de la TVA ?
Une entreprise non redevable en franchise en base doit indiquer une mention précise sur ses devis et factures. La formule attendue est « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Cette règle est rappelée par ABCLIV. Elle évite qu’un client pense payer une TVA qui n’existe pas sur l’opération.
Cette mention a aussi une portée comptable. Elle signale que l’entreprise ne collecte pas la TVA et ne peut pas déduire la TVA payée sur ses achats. Si une facture omet cette phrase, une vérification rapide s’impose. Pour aller plus loin, il faut voir la marche à suivre quand une entreprise découvre son assujettissement.
Que faire si vous découvrez que votre entreprise est assujettie à la TVA ?
La première étape consiste à identifier le bon régime. Les sources citent la franchise en base, le régime réel simplifié et le régime réel normal. Le choix change la déclaration et la périodicité. Indy rappelle par exemple le formulaire CA12 pour le réel simplifié et le formulaire CA3 pour le réel normal.
La deuxième étape consiste à corriger la facturation. Si l’entreprise devient redevable, elle doit appliquer le bon taux de TVA et conserver des factures conformes. Le calcul suit une règle simple. TVA collectée moins TVA déductible égale TVA à payer, ou crédit de TVA si le résultat est négatif.
La troisième étape consiste à sécuriser les échanges futurs. Pour les clients européens, le contrôle du numéro TVA via VIES reste utile. Pour la France, l’annuaire DGFiP aide à fiabiliser les données. Si le cas reste flou, un expert-comptable ou le service des impôts des entreprises peut confirmer le bon régime sans dramatiser la situation. Pour aller plus loin, il faut surtout garder une trace claire des seuils et des mentions utilisées.
L’assujettissement à la TVA repose sur trois bases simples, activité économique, indépendance et habitude contre paiement. La vraie difficulté vient surtout de la différence entre assujetti et redevable. Une vérification croisée entre facture, mention 293 B, annuaire DGFiP et VIES permet souvent d’obtenir une réponse fiable, puis d’adapter rapidement le régime et les documents.